
La foule à Causeway Bay, Hong Kong.
Mardi je suis resté calmement au bureau. Je refuse de toucher l'appareil-photo et surtout je m'empêche de l'emprunter pour faire des photos perso. Je n'ai pas envie de casser un nouvel objectif.
Ça tombe bien mon travail a consisté à donner du boulot à deux photographes, l'un à Shanghai et l'autre à Beijing. J'ai essayé d'être l'éditeur que j'aurais voulu avoir quand j'étais photographe freelance. J'ai essayé d'expliquer le plus en détail possible ce que je voulais. Je leur ai raconté le sujet qu'ils devaient illustrer, envoyé par mail les noms propres, décrit des photos idéales, répondu à leurs questions, détaillé et détaillé encore, et finalement je leur ai dit que tout ce que je leur avais dit n'était que des conseils et que surtout ils ne devaient pas se sentir limités par cela mais bien suivre leur inspiration. Que je ne leur reprocherais jamais d'être créatifs, au contraire. Qu'ils devaient se faire plaisir et faire de belles photos avant toute chose.
Et bien force est de constater que tout ce que j'ai pu dire n'a servi à rien. Cela n'a absolument pas changé leur façon de faire des photos. L'un est stressé, il est resté stressé. Il s'est donné à lui-même un travail que je ne lui ai pas demandé de faire, parce qu'il croyait que cela serait mieux. Il a sauté le déjeuner alors que je ne le lui avais pas demandé. Il a couru à droite et à gauche continuellement alors que tout ce qu'il avait à faire de la journée c'était le portrait de deux types (trois avec celui qu'il s'est ajouté). Je ne sais pas comment il s'est débrouillé. L'autre est calme, il l'est resté. Quand je l'ai appelé, il déjeunait et il m'a bien fait comprendre qu'il finirait son déjeuner avant de se mettre au travail. Ensuite, il a eu beaucoup de difficultés à trouver ce que je voulais qu'il prenne en photo, mais il ne m'a pas appeler pour me le dire. Il a trouvé la solution tout seul et ne m'a appelé que quand c'était réglé.
Conclusion : les photos qu'un photographe prend et la façon dont il les prend sont des choses si personnelles qu'on ne peut pas espérer les influencer. Ce serait comme vouloir changer la personnalité du photographe lui-même.
Conclusion sur l'auteur de la conclusion : je me surprends à être à l'aise dans ce rôle d'éditeur-photo. Et les photographes me prennent au sérieux !
Le soir avec Qin, Lee, un collègue qui comme moi attend un visa pour la République populaire de Chine, et Sophie, une amie de Qin qui vit à Hong Kong, on est allé manger sur une autre île de Hong Kong, Lamma. C'est très chic de prendre le ferry pour aller au restaurant, non ? Le petit village de pécheurs est peut-être un peu touristique, mais à cette heure-ci il n'y avait plus de touristes, et nous étions quasiment seuls dans le restaurant. Les fruits de mer étaient vraiment délicieux ! Bon, les Chinois n'arrivent pas à se passer de sauce, et elle est toujours à l'ail ou au curry, ce qui cache un peu le goût du crabe ou de la langouste. Mais la fraîcheur était imbattable !
Bien entendu on a failli rater le ferry du retour, et on a dû courir en riant pour l'attraper. Mais vous commencez à me connaître, non ?
Libellés : Hong Kong, perso, photos