L'été à Shanghaï
L'été nous est tombé dessus comme une fiente de pigeon. D'un coup ça
n'a plus été supportable : trop chaud, trop moite. Trop d'eau en
suspension dans l'air. L'impression de nager, pas de marcher :
difficile de respirer. Au moment où je vous parle, à 15h, quelqu'un
là-haut a éteint la lumière : ça va être un orage, et pas piqué des
hannetons. On a vu l'épisode 1 dimanche dernier : des trombes d'eau.
La terre qui fume et la fumée qui rejoint les nuages. Les rideaux
verticaux de la pluie. Les immeubles d'en face qui s'effacent, en
commençant par le plus lointain, pour finir dans une vague brume
verte qui couvre tout. Le sauna. On voit plus rien. On nage. Et
aucune légèreté une fois que c'est fini : la moiteur reste. Pas du
tout comme à Pékin.
Un seul recours dans cet océan de chaleur : la bouffée d'air
climatisé quand on se réfugie dans un taxi (à condition qu'aucun
client n'ait fumé dedans, et qu'il n'y ait pas cette horrible odeur
de sueur re-climatisée). Un plaisir que j'ai découvert à Hong Kong en
2005 et qui sera toujours pour moi associé à cette ville.
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